Avec Dieu tout est possible

Une phrase brève de Jésus, souvent imprimée sur des t-shirts, rarement comprise en contexte. Ce que Matthieu 19:26 dit vraiment, et ce qu'il refuse de dire. Jour 28 du plan La Bible en 1 an.

Le verset

« Jésus les regarda, et leur dit : Aux hommes cela est impossible, mais à Dieu tout est possible. » Matthieu 19:26 (Louis Segond 1910)

Isolée, la phrase peut devenir une promesse vague — « réussis, Dieu peut tout ». Lue en contexte, elle devient beaucoup plus sérieuse, et beaucoup plus libératrice.

Contexte

Jésus vient d'avoir une conversation difficile avec un jeune homme riche. L'homme demande comment obtenir la vie éternelle. Jésus lui répond d'abord par les commandements, que le jeune homme dit avoir gardés. Puis vient la parole coupante : « Va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, et suis-moi » (v. 21). L'homme s'en va tout triste, « car il avait de grands biens » (v. 22).

Devant la stupeur des disciples — « Qui peut donc être sauvé ? » (v. 25) —, Jésus ne rassure pas en disant que c'est facile. Il élève la barre : humainement, c'est impossible. Puis il ajoute la phrase la plus importante du passage : mais à Dieu tout est possible. La conjonction est le cœur du verset. Le salut est une œuvre de Dieu, non un exploit humain.

Signification

« Avec Dieu tout est possible » dit quatre choses, dans cet ordre.

D'abord : tu ne peux pas. C'est désagréable à entendre et pourtant central. Le jeune homme riche croyait pouvoir « faire » quelque chose pour mériter la vie éternelle. Jésus ne répond pas « bien sûr, tu peux ». Il dit : aucun homme ne peut, même le plus moral, même le plus religieux. La bonne nouvelle commence quand cette limite est acceptée.

Ensuite : Dieu le peut. Jérémie avait prié dans une cellule, la ville assiégée : « Ah ! Seigneur Éternel, voici, tu as fait les cieux et la terre par ta grande puissance et par ton bras étendu : rien n'est étonnant de ta part » (Jérémie 32:17). La même confiance traverse l'annonciation : « Rien n'est impossible à Dieu » (Luc 1:37). Le vocabulaire biblique est stable à travers les siècles.

Mais il ne fait pas n'importe quoi. Jésus, au jardin de Gethsémané, prie : « Mon Père, s'il est possible, que cette coupe s'éloigne de moi ! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux » (Matthieu 26:39). Quelques heures plus tard, la coupe n'a pas été écartée. Ce n'est pas parce que Dieu ne pouvait pas ; c'est parce que sa volonté, plus profonde, devait s'accomplir. La toute-puissance divine n'est pas la baguette magique de nos désirs.

Enfin : ce qu'il rend possible, c'est d'abord le salut. Relis le contexte. Ce que Dieu fait « à nouveau possible » en Matthieu 19:26, c'est qu'un riche — c'est-à-dire n'importe qui attaché à quelque chose — puisse entrer dans le royaume. La phrase est d'abord un évangile.

Comment l'appliquer

  1. Identifie ton « impossible ». Un cœur fermé à pardonner ? Une addiction ? Un proche qui refuse Dieu ? Nomme-le. La prière ne s'alimente pas d'imprécisions.
  2. Admets ton incapacité. Le salut commence à l'endroit exact où tu cesses d'essayer seul. « Celui qui s'humilie sera élevé » (Matthieu 23:12).
  3. Prie comme Jérémie et Marie. « Rien n'est étonnant de ta part » ; « rien n'est impossible à Dieu ». Fais-en deux phrases que tu répètes quand le découragement monte.
  4. Tiens la tension de Gethsémané. « S'il est possible… toutefois non ma volonté. » Ce n'est pas moins de foi, c'est plus. Tu demandes vraiment, et tu te rends vraiment.
  5. Agis sur ce qui dépend de toi. Dieu fait ce que toi tu ne peux pas. Mais il attend aussi ce que toi tu peux : un coup de téléphone, une confession, un pas vers l'autre.

Versets liés

Réflexion

Ce verset n'est pas une carte joker à sortir pour forcer Dieu à résoudre nos soucis comme on les imagine. Il est bien plus libérateur que cela : il nous arrache au poids impossible d'être notre propre sauveur. Quelqu'un d'autre peut. Il l'a prouvé à la croix. La question n'est donc plus « suis-je assez fort ? » mais « est-ce que je remets cette situation à celui qui peut vraiment ? »

Questions fréquentes

Où Jésus dit-il que tout est possible avec Dieu ?

En Matthieu 19:26, après le départ du jeune homme riche : « Aux hommes cela est impossible, mais à Dieu tout est possible. » Le parallèle se trouve en Marc 10:27 et Luc 18:27. Le verset n'est pas une promesse d'exaucement automatique — il affirme la puissance de Dieu là où l'homme est à bout.

Le verset « tout est possible à celui qui croit » dit-il la même chose ?

Marc 9:23 est proche mais pas identique. Jésus y lie la possibilité à la foi, tandis que Matthieu 19:26 souligne la puissance de Dieu. Les deux se complètent : Dieu peut tout, et la foi ouvre la porte à son action.

Cette parole signifie-t-elle que Dieu exaucera toutes mes demandes ?

Non. Jésus lui-même a prié : « Que ta volonté soit faite » (Matthieu 26:42). Dieu peut tout faire, mais il ne fait que ce qui est bon. La phrase écarte l'impuissance de Dieu, pas la sagesse de Dieu.

Comment appliquer Matthieu 19:26 dans une situation impossible ?

Commence par nommer ce qui semble impossible, puis confesse que tu ne peux pas, puis demande à Dieu ce que lui seul peut. Jérémie 32:17 est une prière type : « Rien n'est étonnant de ta part. » Laisse la suite entre ses mains.

Qu'est-ce qui est « impossible » dans le contexte de Matthieu 19 ?

Le salut d'un cœur attaché à ses richesses. Jésus vient de dire qu'il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume. La parole s'applique d'abord à la conversion, avant toute autre demande.